• Il va me rendre fou ! chapitre 10 : Il était une fois... !

     

    Chapitre 10 : Il était une fois... !

     

     Garé devant la maison de mes parents j'en suis encore à me demander comment Ming connait mon adresse quand la porte d'entrée s'ouvre sur la silhouette de ma mère. 

     Je sors le premier de la voiture et je vais la saluer, elle me prend dans ses bras et me serre fort en me disant que je lui ai manqué. Elle finit par me lâcher voyant que je ne suis pas tout seul, Ming m'a suivi de près, arrivé devant ma mère je vois que son charme a encore opéré. Ma mère arbore un magnifique sourire quand il lui présente ses respects, elle fait de même et pour une fois j'aime l'effet qu'a Ming sur la gent féminine, ma mère resplendit, je ne l'ai jamais trouvé aussi belle que maintenant. Elle finit par me demander si j'ai pensé au cadeau pour papa.  

     «  Shia ! » 

     Ça m'est sorti de la tête. Ming dit alors : 

     « Tu l’as laissé dans le coffre de la voiture, je vais le chercher. » 

     Mais qu'est-ce qu'il raconte, je n'ai rien acheté pour mon père. C'est à ce moment-là qu'il se penche vers moi et me souffle à l'oreille :  

     «  J'y ai pensé pour toi alors ne gaffe pas. » 

     Il revient avec une corbeille de fruits dans une main et une bouteille de vin de l'autre et me les colle dans les bras en disant à ma mère qu'elles viennent de moi. Et là Ming, tu nous fous dans la merde en disant ça, ma mère me connait bien et je ne lui ai jamais offert ce genre de cadeau. Elle me fixe un instant avec un petit sourire en coin avant de dire : 

     « Je connais mon fils et ce n'est pas du tout son style de faire des cadeaux. Merci, c'est un plaisir de voir un jeune homme si bien élevé ! » dit-elle en regardant Ming puis en me fixant intensément. 

     « C'est bon maman, j'ai compris, à ma prochaine visite je te ramènerais quelque chose. » 

     « Appelle plus souvent à la maison ce sera déjà un début mon fils ! » Puis elle nous invite à entrer dans la maison. Je me retourne vers Ming et lui dis : 

     «  Ah, tu fais vraiment chier Ming, mon pied me démange, j'ai envie de te botter le cul ! » 

     «  Mon corps t'appartient mon petit Kitty, tu peux faire de moi ce que tu veux. » 

     «  Putain arrête ça tout de suite Ming ! » 

     J'entends alors quelqu'un tousser, c'est mon grand frère Hear Kieng, il sort du salon au moment où nous y entrons et à la tête qu'il fait je crois bien qu'il a entendu notre discussion. 

     Une fois dans le salon je suis assailli par ma famille : mon père, ma grand-mère, ma grande sœur Jae'Kim, la femme de Hear Kieng et mon autre grand frère Hear'Coach. Tous veulent un câlin et m'embrassent chaleureusement, je suis gêné par toute cette effusion de tendresse, non pas que j'ai honte de ma famille mais de savoir que Ming est là me trouble, je suis plutôt connu comme quelqu'un qui ne montre pas son affection en public et là je ne peux rester de marbre devant tout cet amour et les embrasse à mon tour. Après plusieurs minutes je finis par retrouver ma liberté. Mon père se tourne vers moi et me demande qui est le jeune homme qui se trouve en retrait dans la pièce. Ming se présente alors en disant :  

     « Je m'appelle Mingkwan Khrub, je suis l'ami de Kit. » 

    «  Oh ! Comment fais-tu pour avoir des amis aussi beaux ? » dit ma sœur. 

     «  Il doit sûrement en faire un élevage ! » répond mon gros lourdaud de grand frère, Coach. 

     Je me retourne et cherche du regard Ming, il est avec grand-mère, elle n'arrête pas de lui pincer les joues tout en lui parlant en mandarin. Je reste là à le regarder se faire gentiment malmener et je souris bêtement devant la scène qui se déroule sous mes yeux. Au bout d'un moment je me sens obligé d'intervenir. 

     « Mamie, s'il te plait veux-tu bien lâcher mon ami, il doit encore reprendre la route pour rentrer chez lui. » 

     Ma mère me dit alors que ce n'est pas raisonnable de laisser Ming repartir, il ne va pas tarder à faire nuit et puisqu'il a bien voulu me ramener c'est la moindre des choses qu'il reste fêter l'anniversaire de papa avec nous et elle enchaîne avec :  

    «  Pourquoi ne restes-tu pas dormir à la maison ? Nous avons encore une chambre de libre. »  

     Je regarde Ming en lui faisant signe de refuser mais quand il me fait un grand sourire et accepte l'invitation de ma mère, je me dis que je suis fichu. Et si depuis le début c'était ce qu'il voulait, pouvoir dormir ici et moi comme un con je n'ai rien vu venir et j'ai fait rentrer le loup dans la bergerie.   

     Pendant le repas je suis assailli de questions par mes parents, je suis plutôt bavard d'habitude mais la présence de Ming m'empêche de me laisser complètement aller. Ming par contre a l'air très à l'aise, tellement à l'aise qu'il se permet de poser des questions sur mon enfance et mon amitié avec Pha et Beam. 

     C'est finalement ma sœur qui se met à raconter l'histoire du poulailler, être le petit dernier d'une fratrie n'a pas toujours que des avantages surtout lors de repas comme celui-là où les langues se délient après quelques verres d'alcool. Je décide de me lever pour aller aider ma mère à faire le thé, bien sûr c'est une excuse pour fuir la table, étant l'un des instigateurs de l'histoire je connais parfaitement le sujet. 

     Et si depuis le début de mon histoire, vous les lecteurs êtes friands de mes " bêtises " celle-là est dans le top trois.

     Nous avions une dizaine d'année à l'époque et nous avions décidé de jouer aux cow-boys et aux indiens avec d'autres enfants du quartier, eux c'étaient les cow-boys et donc nous les indiens sauf que des indiens sans plumes, ce n'était pas assez réaliste pour nous, enfin je dis-nous, mais c'est surtout moi qui trouvais que cela ne faisait pas très réaliste. Je savais qu'un des voisins de mes parents avait un poulailler avec des poules et un coq de Sumatra. Vous voyez où je veux en venir ?! 

     Donc j'arrive à faire bouger mes deux amis et nous voilà en train d'escalader le mur du voisin pour arriver devant le poulailler, disons plutôt un enclos extérieur, grâce à la végétation nous n’étions pas visibles de ce côté du jardin. J'enlève le crochet de la porte de l'enclos et nous entrons tous les trois. 

     Pourquoi tous les trois vous me direz, on se pose encore la question des années après, il aurait été plus logique que l'un de nous fasse le guet et un autre tienne la porte mais bon, que voulez-vous, quand on a dix ans on agit plus qu’on ne réfléchit.  

     Donc nous voilà tous les trois dans l'enclos en train d'essayer de piquer des plumes à ce pauvre coq sauf que le coq de Sumatra n'est pas une race à se laisser faire, il est plutôt vif et bruyant, nous décidons finalement de sortir, tant pis pour les plumes, manque de bol le crochet  de la porte s'est remis en place dans son logement et dans la panique nous n'arrivons pas à le soulever, finalement au bout d'une quinzaines de secondes qui nous paraissent durer des minutes Beam arrive à le soulever, juste à temps car nous entendons le vieux chien du voisin se mettre à aboyer. 

     


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